Émeraude Morice — « L’envolée »

emeraude-morice

  • Peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Emeraude, j’ai vingt-et-un ans et suis étudiante en première année à l’EDHEC Business School. J’ai grandi sous le soleil des Tropiques sur une île en forme de papillon située en mer des Caraïbes… la Guadeloupe! J’ai ensuite effectué ma classe préparatoire au lycée Lavoisier à Paris avant de réaliser une année cube à Commercia.
Sur mon temps libre j’adore lire et écrire des fanfictions, plus particulièrement de l’univers Harry Potter… Mes souvenirs d’enfance ne m’ont jamais abandonnée! Je me passionne par ailleurs pour la musique et joue au piano depuis l’âge de douze ans. Mon répertoire favori est classique mais je m’intéresse depuis peu à l’improvisation jazz et aux rythmes tango.
J’ai le goût du voyage et aimerais découvrir les pays asiatiques pour lesquels j’ai un réel attrait. J’ai d’ailleurs débuté l’apprentissage du mandarin cette année.

  • Raconte-nous ta passion pour l’écriture et la littérature !

J’écris depuis l’âge de 14 ans où en classe de 3ème mon professeur de français m’a réellement donné le goût des Lettres. J’ai écrit plusieurs nouvelles depuis et quelques scènes de théâtre que j’avais en tête. Lire m’apaise, c’est l’un des seuls moments où je peux me retrouver avec moi-même, surtout cette année où les activités proposées par l’école de commerce ne manquent jamais. Écrire me permet de laisser s’exprimer mon imagination, c’est un moment privilégié.

  • Un auteur, un roman, un personnage favori ?

Mon roman préféré est À la Croisée des Mondes de Philip Pullman. Bien plus qu’un roman jeunesse, j’ai découvert en cette œuvre que je connais depuis l’adolescence plusieurs niveaux de lecture et la trouve aujourd’hui très philosophique.
Ce livre aborde des questions qui ont été jugées dérangeantes par des organisations chrétiennes lui reprochant son contenu antireligieux, cela parce qu’il évoquait l’origine du monde et des êtres naturels. Les livres originaux ont par la suite remporté plusieurs récompenses, en plus d’être devenus des succès littéraires, et sont aujourd’hui considérés comme des classiques de la littérature anglophone.
De plus, j’ai eu l’occasion en classe préparatoire d’étudier le Traité des correspondances de Swedenborg et n’en ai vu mon intérêt pour À la Croisée des Mondes que renouvelé. En réalité je trouve la thématique de la correspondance avec d’autres mondes fascinante : l’idée qu’il y ait des mondes dans des mondes qui sont l’image les uns des autres. Séraphîta de Balzac que j’ai récemment terminé prend également part à cette thématique d’après moi. Le Nord paressant toujours être le lieu où des événements inexpliqués ont cours. Séraphîta explique rationnellement les faits surnaturels, en les présentant comme des faits dont les causes nous échappent.

  • Un genre littéraire préféré ?

Je lis généralement de tout mais j’apprécie particulièrement les romans fantastiques et d’aventure.

  • Une citation qui te tient à cœur ?

« Le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. […] J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui. » Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour.
Cette citation me rappelle l’importance d’être vrai et l’importance du moment présent. Je la trouve magnifique stylistiquement parlant mais également au niveau du message porté qui est d’embrasser son imperfection humaine et de vivre sa vie sans réserve, sans courir le risque de se perdre dans la recherche du « toujours mieux » et du « toujours plus », qui par essence ne pourra jamais rimer avec bonheur.

  • Pourquoi as-tu participé au Prix ?

J’ai participé au Prix Edhec Littérature pour me faire plaisir, car il y avait longtemps que je n’avais rien écrit. Cela m’a également permis d’expérimenter un nouveau genre littéraire, car je n’avais jamais encore écrit de poésie.

Hélia Poncet — « Cardinaux Ordinaires »

helia-poncet

  • Peux tu te présenter rapidement ?

Individu de type Vosgienne lambda, âgée de 19 ans, qui respire, étudie (la socio et l’anglais à Nancy), lit, regarde et aime à intervalles réguliers. Entre autres nombreuses choses, comme beaucoup d’autres gens !

  • Raconte-nous ta passion pour l’écriture et la littérature !

Depuis qu’on me l’a appris, je suppose ! C’est vrai que je griffonne depuis longtemps. J’ai grandi avec plus de livres que de Barbies et j’en suis assez reconnaissante. En plus de ma curiosité, j’ai eu aussi des très bonnes profs qui m’ont poussé à aller un peu plus loin que mon affinité particulière avec la littérature, à écrire pour quelqu’un d’autre que moi.
J’ai toujours essayé de garder une place spéciale pour les livres et l’imaginaire, et je suis loin de le regretter. Les livres ont été les premières pierres posées de mon « chez-moi », et la littérature reste une fenêtre ouverte sur d’autres mondes, une vraie bouffée d’air pur nécessaire au quotidien.
Et puis, plus on lit plus on découvre, et plus on découvre plus on s’ouvre à de nouvelles réalités. Plus on apprend à voir l’invisible, aussi.

  • Un roman, un auteur, un personnage favori ?

Difficile. S’il fallait choisir un « roman », ce serait celui, inachevé, d’Aragon. Pour sa cohérence et sa structure, qui le fait sortir des limites seules de la poésie pour raconter une histoire et une vie qui n’est qu’autre que la sienne.
Et, du côté des vivants, mon dernier coup de cœur : Mauvais Genre, une BD posant mots et dessins sur les frontières du genre et les maux de la guerre. L’œuvre est signée Chloée Cruchaudet.
N’oublions pas néanmoins que tout bouge et que ces titres sont ceux d’un moment précis, ont fait suite à d’autres, seront suivis de nouveaux. J’aurais pu également citer certaines œuvres de Bukowski, Teulé ou Schopenhauer qui m’ont marqué ces dernières années. Arrêtez-moi, mais lisez tout !

  • Un genre littéraire préféré ?

Assez logiquement peut être, la poésie. Avec une mention particulière pour son versant surréaliste que j’arpente avec plaisir et pour le travail de Boris Vian.
C’est super la poésie, on peut la lire à tout moment, garder le même recueil quinze ans et en lire chaque jour un nouveau. On peut jouer sur les mots mais avec elle, on joue surtout avec eux, ce qui est encore mieux. Elle peut aussi bien se faire musique qu’image. De plus, elle a cet avantage des formats courts : un symbolisme fort et la possibilité pour le lecteur de travailler à se faire sa propre interprétation du texte.
Néanmoins, je n’en oublie pas les autres genres qui sont autant de sources alimentant un même fleuve : celui de l’art.

  • Une citation qui te tient à cœur ?

« Comme ça exprès par accident ». Quelques mots perdus sans ponctuation qu’il me semblait avoir lu dans Demande à la poussière, de John Fante. Je me suis arrêtée sur ceux-ci et je les ai gravés dans ma tête, peut être imparfaitement. Quoi qu’il en soit, j’aime leur pouvoir synthétique ainsi que les hasards provoqués et les coïncidences pas si accidentelles auxquels cette citation fait référence.

  • Pourquoi as-tu participé au prix ?

J’ai décidé de participer à ce prix avec l’envie de sortir de mes cahiers et de m’investir aussi un peu ailleurs. Je m’y suis donc mise un peu sur un coup de tête, juste pour le plaisir d’écrire autrement, avec plus de contraintes que ce que je me pose habituellement.
C’était donc l’occasion d’écrire avec une visée différente, moins « héliacentrée » et allant plus loin que quelques bribes et vers collectés ci et là. J’avais envie d’évoquer un peu plus d’actualité, et d’approcher au moins un semblant d’universel et l’atemporel.
Ça m’a fait plaisir de vraiment me consacrer à un projet défini, de le voir évoluer et me porter plus loin que ce que je pensais à l’origine !

Héloïse Bardon — « Celle qui joue la morte »

heloise-bardon

  • Peux-tu te présenter rapidement ?

Je suis Héloïse Bardon, étudiante à Sciences Po Lille en première année, après un an d’hypokhâgne et un bac littéraire (pas surprenant que j’écrive après ça). J’ai vingt ans et je suis aussi militante féministe et LGBT+.

  • Raconte-nous ta passion pour l’écriture et la littérature!

J’écris de façon quotidienne (grâce un système de quotas qui est passé avec les années de 500 à 2500 mots par jour, presque comme Stephen King !) depuis quatre ans. J’écrivais avant de façon plus sporadique, des fanfictions, des petites nouvelles… J’ai participé à un certain nombre de concours de nouvelles, pour m’entraîner à imaginer des histoires. J’ai aussi écrit plusieurs romans dont un, « Reptilarium », a eu la chance d’être finaliste à un concours littéraire. Pour ce qui est de ma raison d’écrire, je n’en ai toujours aucune idée : une habitude – une habitude qui me fait du bien. Comme un entrainement sportif. J’aime créer des personnages, me documenter, découvrir et faire découvrir des mondes, des pays, des époques… Rattacher les sciences – tant de la nature qu’humaines, l’Histoire, les fictions, les essais, l’art… à des écrits. J’aime mettre tout ce que je vois, tout ce qui attire mon regard dans une histoire organisée et cohérente. Souligner ce qu’il y a d’absurde et d’incroyable dans les moments du quotidien. J’aime aller dans toutes les directions possibles, sans m’enfermer dans un type de lecture ou d’écriture en particulier.

  • Un auteur, un roman favori ?

Je n’ai aucun auteur préféré alors pour citer ceux que je préfère d’entre tous : Delphine de Vigan ( « rien ne s’oppose à la nuit » en particulier), Conan Doyle, Maurice Druon (pour ses « Rois Maudits » évidemment), Carole Martinez (« le coeur cousu »). Mais ces préférences varient avec les années et les découvertes alors c’est un top très provisoire.

  • Un genre littéraire préféré ?

Je n’ai pas un attrait particulier pour un genre littéraire, je fouine un peu partout. Mes études littéraires et un entourage grignoteur de livres m’ont permis de découvrir beaucoup et d’auteurs et d’ouvrages alors je n’ai pour l’instant aucun genre préféré, je reste curieuse. Plus qu’un genre de préférence, c’est une rencontre avec un auteur, avec un roman ou avec un recueil – souvent par hasard.

  • Une citation qui te tient à cœur ?

« Vous ne pouvez pas attendre l’inspiration. Vous devez la pourchasser avec une massue » attribuée à Jack London. Pour son côté drôle et ce qu’elle montre du travail d’écrivain.

  • Pourquoi as-tu participé au Prix ?

J’ai participé au prix par hasard. Je l’ai découvert grâce à deux étudiantes venues présenter dans notre cafétéria, quelques jours avant la fin du délai. Le défi que ça représentait – écrire dix pages alors que je manquais de temps et écrivait à côté – m’a motivée. J’aime participer à des concours de nouvelles, puisque je n’en écris pas particulièrement – voire pas du tout — hors de ces contextes. Je n’y arrive pas, tout simplement. Les concours me poussent à décliner un thème sur un nombre précis de pages, à être carrée. « Le masque » a résonné avec un podcast du magasine Slate – « voilà comment le monde entrave les femmes » – qui parlait de la condition de ces comédiennes forcées de céder à des magouilles sexistes pour un rôle, souvent ridicule. J’avais déjà écrit sur ce témoignage et lorsque j’ai appris pour le prix, j’ai trouvé immédiatement une résonance entre l’idée du masque et de cette femme qui en porte en permanence.

Jennyfer Temim — « Hêtre »

jennyfer-temim

  • Peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Jennyfer Temim, j’ai 24 ans et je suis actuellement étudiante en dernière année à l’EDHEC au sein du Master Financial Markets à Nice.
Je finirai mes études en juin prochain et je souhaite travailler en finance de marché.

  • Raconte-nous ta passion pour l’écriture et la littérature !

Avant tout, je suis une grande lectrice et ceci depuis très jeune. Dès mes 10 ans, je me suis intéressée aux romans fantastiques. Par la suite, j’ai lu de nombreux romans d’apprentissage avant de me concentrer davantage sur des œuvres classiques et plus particulièrement sur les mouvements réalistes et naturalistes. Aujourd’hui, je lis des livres de styles littéraires très variés.
Cet amour de la lecture m’a donné envie d’écrire depuis mes 12 ans. C’est avant tout un moyen de m’évader, de laisser libre cours à mon imagination et d’exprimer ma créativité au travers des mots. J’aime l’idée d’être maître du fond comme de la forme et que l’écriture soit un travail en continuelle évolution.
La littérature est pour moi une véritable source de surprise qui m’a toujours fascinée. J’adore être prise de court par un livre ou déroutée par la manière dont le sujet est traité que ce soit dans l’intrigue ou dans le style du roman. Enfin, j’apprécie tout particulièrement les romans qui amènent à réfléchir tout en laissant libre interprétation au lecteur.

  • Un auteur, un roman, un personnage favori?

J’ai initialement découvert Emile Zola au travers du roman Thérèse Raquin et j’ai été impressionnée par la manière dont les personnages, ne suivant que leurs instincts, se retrouvent progressivement piégés par leurs propres actions. Cela m’a amenée à m’intéresser au mouvement naturaliste et à la fresque romanesque des Rougon-Macquart. J’ai beaucoup aimé le fait que chaque roman s’intéresse surtout à un personnage de la famille et à l’univers qui lui est propre. J’apprécie également le fait que dès La Fortune des Rougons, on peut percevoir les enjeux, les caractéristiques et les tares héréditaires des familles Rougon, Macquart et Mouret qui seront confirmés dans les romans suivants.
L’Elégance du hérisson est un roman qui pour moi allie à la fois une très belle histoire,
des personnages attachants et une richesse littéraire impressionnante. J’aime beaucoup l’idée de développer des protagonistes si complexes et profonds à l’apparence trompeuse. Il s’agit aussi d’une rencontre improbable entre deux personnes qui vont s’aider mutuellement. Je suis très sensible aux histoires qui diffusent un tel message d’espoir au sein d’un monde de plus en plus individualiste et égoïste.
Le personnage de Man (Ma Joad dans la version originale) dans le romain les Raisins de la colère de John Steinbeck est le personnage le plus impressionnant que j’ai rencontré dans un livre. Man est la mère de Noah, Tom, Rose de Saron, Al, Ruthie et Winfield qui, dès le début du livre, s’impose comme la force tranquille de la famille. Elle cherche avant tout l’unité familiale mais n’hésite pas à également aider les autres. Pendant le roman, les Joad vont subir des épreuves très difficiles mais elle sera toujours le personnage sur lequel ils pourront compter. Je trouve qu’elle représente un fort symbole d’espoir et de justice qui va à contre courant de la violence du roman.

  • Ton genre littéraire préféré?

Je lis le plus souvent des romans et plus particulièrement des romans d’apprentissage et naturaliste mais j’aime également le théâtre et la poésie.

  • Une citation qui te tient à cœur?

“Un homme est bien fort quand il s’avoue sa faiblesse.” Honoré de Balzac, La Peau de Chagrin
J’aime beaucoup cette citation car reconnaître ses faiblesses est un signe d’humilité et d’honnêteté envers soi-même. Il faut en effet parfois faire preuve d’un réel courage pour assumer ses défauts et, c’est ce courage qui renforce l’individu. Il n’est pas toujours évident de se montrer sous son vrai jour car cela peut être perçu comme un signe de vulnérabilité, alors qu’être franc envers soi-même requiert en réalité une grande confiance.

  • Pourquoi as-tu participé au Prix ?

J’ai souhaité participer au prix dans la catégorie poésie car j’ai été particulièrement inspirée par le thème. De plus, c’est une opportunité pour moi de pouvoir soumettre mes écrits à un jugement extérieur.

Estelle Freulon — « Elle Sourit »

Estelle Freulon.JPG

  • Peux-tu te présenter rapidement ?

Estelle, étudiante de 23 ans en dernière année de psychologie gérontologique, praticienne en hypnose et en programmation neurolinguistique… et artiste à mes heures perdues. Je dessine à en user des poignées de feutres et j’écris à m’en abimer les yeux. Je façonne des univers, je donne naissance à des personnages et je tisse le fil de leur histoire…

  • Raconte-nous ta passion pour l’écriture et la littérature!

Je crois que d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré écrire. Petite déjà, je passais par l’incontournable journal intime, par la réalisation de correspondances… Au collège, je me suis lancée dans de vrais « projets » d’écriture : des textes très maladroits, rien de bien extraordinaire… mais j’adorais ça.
En 4e, j’étais d’autant motivée à approfondir mes « œuvres » que mon professeur de français me faisait l’honneur de ses encouragements et de ses conseils très précieux. Aujourd’hui encore, je me représente sa présence et j’entends sa voix qui continue de me guider. Il y a eu une période de creux. Et puis, pendant mon temps libre à la fac, après quelques essais mis de côté, je me suis engagée dans l’écriture d’un « vrai » roman… Peut-être qu’un jour, j’oserai le présenter à un éditeur !

  • Un genre littéraire préféré?

Étonnamment, je ne suis pas une grande lectrice : je fais partie de ces personnes qui n’osent pas lire un bouquin s’il y a trop de pages et si c’est écrit tout petit ! Je reste très friande de l’heroic fantasy, aussi bien en livres qu’en jeux-vidéo… Mais sinon, dans l’ensemble, j’aime à peu près tout !

  • Un roman, un auteur favori?

En ce qui concerne mon auteur préféré, je dirais bien Daniel Handler (Lemony Snicket) et sa série Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. Il a marqué mon adolescence, et je crois qu’il a joué un grand rôle dans mon amour pour l’écriture. J’adorais tout particulièrement son style cynique, qui faisait la force de ses œuvres.
Pour le roman, sans hésiter, Le combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat : je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai lu… et la même émotion à chaque lecture. Si vous m’autorisez un conseil, filez en librairie et prenez le temps de le découvrir : il vaut vraiment le coup ! (et, je triche, la série Les Ferrailleurs d’Edward Carey).
Mon personnage favori… Je n’en ai pas un en particulier, mais j’adore tous les personnages qui ont un bon trait d’humour. ☺

  •  Une citation qui te tient à cœur?

Plutôt qu’une citation, un extrait qui m’apparaît vrai aussi bien dans l’univers du livre que dans notre monde à nous : « Les gens aiment bien inventer des monstres et des monstruosités. Ça leur donne l’impression d’être moins monstrueux eux-mêmes. Quand ils boivent comme des trous, qu’ils escroquent les gens, les volent, (…), ils aiment se dire que la Moire qui entre dans la chaumière au point du jour est plus monstrueux qu’eux. Alors ils se sentent le cœur plus léger. Et ils ont moins de mal à vivre. » (Andrzej Sapkowski. Sorceleur, Tome 1 : Le dernier vœu.)

  • Pourquoi as-tu participé au Prix ?

Un petit défi personnel je pense (et, je l’avoue, un besoin d’occupation pendant une période creuse ☺).

Victor Custodio — « Métaphormose »

 

victor-custodio

  • Peux-tu te présenter rapidement ?

Je suis né et j’ai grandi à Draguignan dans le Var, dans une famille portugaise. Après un baccalauréat littéraire option théâtre, j’ai commencé mes études supérieures au Lycée Carnot à Cannes, où j’ai effectué deux années de CPGE littéraire (hypokâgne et khâgne) avant de passer le concours de l’ENS de Lyon, auquel j’ai été sous-admissible. Actuellement, je suis étudiant en troisième année de licence de Lettres Modernes à la faculté de Lettres, Arts et Sciences humaines de Nice. Depuis le collège, j’ai su que je voulais étudier la littérature sous toutes ses formes.

  • Raconte-nous ta passion pour l’écriture et la littérature!

Mis à part quelques petits poèmes d’enfance, j’ai commencé à écrire plus sérieusement à partir du collège, surtout de la poésie, puis je me suis essayé à la nouvelle et au roman. Comme j’admirais beaucoup ce que les poètes, les romanciers ou les dramaturges faisaient du langage, j’ai toujours plus ou moins essayé de manier moi aussi les mots, et ça m’a plu, alors j’ai continué. Au lycée et pendant mes études supérieures, j’ai découvert des formes littéraires plus récentes et innovantes, ce qui m’a encouragé à écrire et à créer avec peut-être plus de folie et de liberté. Mon plaisir d’écrire n’en a été que plus grand.

  • Un roman, un auteur favori?

J’apprécie beaucoup l’humour, le style et l’esprit d’Oscar Wilde, ainsi que la folle imagination de Lewis Carroll, mais le roman de Louis-Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit a été mon plus grand choc littéraire. Bien que je ne partage pas ses convictions politiques, j’admire la manière dont l’auteur mélange la langue orale et populaire avec une langue soutenue, en offrant une voix à une classe sociale modeste et en jouant avec les codes littéraires. Son humour noir et la façon avec laquelle il décrit l’absurdité du monde sont remarquables. Enfin, j’apprécie également la fantaisie de Boris Vian, qui témoigne de beaucoup d’humour et de légèreté.

  • Un genre littéraire que tu affectionnes tout particulièrement?

J’essaie de m’intéresser à tous les genres littéraires, car de plus en plus d’auteurs mélangent souvent ces genres. J’affectionne particulièrement la poésie pour sa musicalité et pour les sensations qu’elle procure : un sentiment de contentement, d’émerveillement, mais aussi d’évidence, comme si les mots devenaient soudain vivants, fluides, chantants. Mais je retrouve un esprit poétique dans beaucoup de romans, lorsque l’auteur joue avec le langage plus qu’il ne l’emploie. Enfin, le théâtre de l’absurde (Beckett, Ionesco) me plaît énormément en ce qu’il démonte le langage quotidien mais aussi littéraire avec un comique du non-sens sans précédent.

  • Une citation qui te tient à cœur?

« La littérature est nécessaire à la politique avant tout lorsqu’elle donne une voix à qui n’en a pas, lorsqu’elle donne un nom à qui n’a pas de nom, et spécialement à ce que le langage politique exclut ou cherche à exclure » Italo Calvino, La Machine littérature. Selon moi, cette citation met en lumière une des fonctions majeures de la littérature : celle de nommer, d’employer le langage comme une arme contre ceux qui cherchent à le réduire en nourrissant les idées toutes faites et les préjugés. Je pense en effet que la diversité du monde est une richesse, et que cette diversité commence dans les mots.

  • Pourquoi as-tu participé au Prix ?

J’ai découvert l’annonce du concours sur Facebook et je me suis dit : pourquoi pas ? Par ailleurs, le thème « Métamorphose » est pour moi directement lié à la poésie, qui est une forme de métamorphose du monde à travers la métaphore. Très inspiré, j’ai alors décidé d’écrire un poème qui exprime au mieux la métamorphose avec le thème des saisons, auquel j’ai essayé d’apporter une tonalité innovante. J’ai tenté d’adopter une forme poétique changeante, en mettant des mots dans la nature et de la nature dans les mots. Je suis très heureux que mon poème ait pu plaire à quelqu’un d’autre qu’à moi-même !