Notre Sélection de livres pour vos proches un peu rêveurs

« La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté » – François Mauriac

La planète des singes – Pierre Boulle

contentNe vous arrêtez surtout pas aux nombreux films qui ont été adaptés du roman de Pierre Boulle, qui ne rendent jamais fidèlement la profondeur de ce roman datant des années 1960. Il est temps de rendre à la littérature ce qui lui appartient. Deux personnages perdus dans l’espace découvrent dans une bouteille à la dérive un manuscrit. Il s’agit du récit d’Ulysse Mérou, un journaliste parti pour une lointaine expédition dans l’espace, accompagné de deux scientifiques de renom. Après avoir finalement atterri sur une planète à peu près similaire à La Terre, ils découvrent avec stupeur que les grands singes sont les espèces dominantes et douées d’intelligence, tandis que l’humanité est réduite à un état animal. Après une chasse menée par les singes sur un « troupeau » d’hommes, Ulysse Mérou échoue dans un laboratoire où il sert de cobaye pour les scientifiques simiens qui étudient l’espèce humaine. Mais grâce à son intelligence et à beaucoup de patience, Ulysse Mérou parvient à prouver à ses geôliers qu’il est lui aussi doué d’intelligence et, après avoir appris leur langue, les éclaire sur son périple. Après cette fabuleuse découverte et ce rapprochement entre les deux espèces, le malaise prendra vite la relève quand des vestiges d’une ancienne civilisation humaine seront découverts sur cette Planète des Singes et quand les scientifiques simiens découvriront avec stupeur que dans un temps très reculé, sur cette même planète, les hommes dominaient les singes.

Ce roman s’inspire directement des travaux de Charles Darwin et n’est pas un simple récit de science-fiction comme a voulu le rendre Hollywood. Il s’agit vraiment d’une fable philosophique aux accents voltairiens, avec un ton ironique, un humour noir et surtout une profondeur qu’on a du mal à déceler dans les films qui l’ont adapté.

Enfin et surtout, la fin du film de 1968 avec Charlton Heston, où il découvre que la planète sur laquelle il a échoué est en réalité la planète Terre (avec la relativité d’Einstein, il aurait échoué sur cette planète bien plus tard que quand il y est parti), est très différente que la fin que Pierre Boulle a donné à son roman, fin qui est bien plus surprenante et plus drôle que dans le film. Je vous laisse la découvrir !

Proposé par Marc 

Stoner, John Williams (traduction Anna Gavalda)

Stoner_0001Pas étonnant qu’Anne Gavalda nous ait livré une si bonne traduction de ce roman! On retrouve presque sa « patte » dans le récit de la vie cabossée de Stoner, le personnage principal. Il a tout d’un être hors du commun : fils de paysan devenu professeur d’université, dont l’amour incommensurable pour la lecture lui permettra de vivre et aimer jusqu’à son dernier souffle, survivre à une vie qui se charge de l’étouffer… Une vie bien amère mais peuplée de joies profondes qui remplissent le corps et l’âme et que personne ne peut vous reprendre. Le contexte historique – les deux guerres mondiales en toile de fond – renvoie comme en écho l’amertume, la cruauté et la douleur de la perte.
Les ingrédients ont déjà servis pourtant et la trame peut paraître usée, mais le roman a été écrit en 1965 et Gavalda a su en rendre la lecture douloureusement agréable.

proposé par Marie