Notre Sélection de livres pour les amateurs d’oeuvres classiques

[Une Sélection de livre pour ceux qui souhaitent (re)découvrir des œuvres classiques]

 

Armance – Stendhal

ArmanceArmance est le premier roman de Stendhal, publié en 1827. Il est aussi l’un des moins connus. Certains y voient les signes précurseurs du génie de Stendhal et l’élaboration progressive de son style particulier. Il convient pourtant de souligner les grandes qualités de ce roman bien trop souvent considéré comme un brouillon.

Armance raconte l’histoire d’amour d’Octave de Malivert et d’Armance de Zohiloff, une histoire où le doute se mêle à l’incompréhension dans un ballet tragique. Octave est le personnage romantique par excellence, dévoré par un mal mystérieux que seul le silence peut exprimer : l’impuissance. Souffrance et désir refoulé semblent alors caractériser cet amour sans cesse contrarié, si bien que l’on finit par s’interroger sur la possibilité d’un amour platonique. La grande force de ce roman réside peut-être dans les sous-entendus constants, dans l’écriture cryptique imposée par une époque où il était inimaginable de parler ouvertement de l’impuissance d’Octave. Sans nécessairement comprendre les allusions de Stendhal, le lecteur ne peut qu’être plongé dans l’atmosphère si particulière d’Armance, où le silence douloureux d’Octave ne parvient pas à faire taire un désir murmuré.

Proposé par Noémie

                   Jacques Lacan, Le Seminaire, Livre 1 : Les écrits techniques de Freud

imgres« L’inconscient est structuré comme un langage » nous dit Lacan. Si du plus grand psychanalyste français demeurent encore bien des formules marquantes, c’est que celui-ci a su se faire maître d’un certain discours. Celui-ci renvoie chacun à la responsabilité de sa propre existence, celle qu’il nous est donné de comprendre par le biais de l’analyse.

Doté d’un sens de la formule nietzschéen, d’une grande culture religieuse, et d’une dynamique de pensée subversive, Jacques Lacan met à la disposition de générations d’analystes un enseignement fondé sur une relecture de l’œuvre de Freud. Si ses explications peuvent sembler difficile d’accès à quiconque les aborderait, elles en demeurent pour autant d’une exactitude surprenante, tant elles sont lourdes d’implications et révèlent un discours éprouvé par la recherche de la vérité. Le courageux lecteur y trouvera de grandes questions, soit les fondements d’une reconsidération complète de l’expérience subjective et un parcours vers une humilité authentique, fruit de peurs, de complexes et de symptômes, mais au parfum et à la substance ô combien doux et véritables.

Proposé par Antonin

Richard III, Shakespeare

imgresA l’heure où les autopsies de Richard III sèment le trouble dans la monarchie anglaise, pourquoi ne pas découvrir ou redécouvrir l’œuvre éponyme de Shakespeare ?

Richard III est une tragédie historique décrivant l’arrivée au pouvoir puis la chute brutale du tyran Richard III. Elle revient sur l’accès au trône d’Angleterre de la dynastie des Plantagénêts, venant remplacer celle des Tudors, à la suite de la guerre des Deux-Roses. Cette pièce dévoile un personnage à la personnalité complexe évoluant dans des contextes familial et politique qui le sont tout autant. « Un cheval ! Mon royaume pour un cheval ! » ? Cette citation connue de tous, et sans conteste la plus célèbre de la pièce, est le reflet d’un récit riche en retournements de situation. A vous d’entrevoir ce que cache le destin de cet anti-héro… Un classique à relire pendant les Fêtes !

Proposé par Anne

L’opéra de quat’sous  Bertolt Brecht

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 Cette comédie sur laquelle Brecht voulait ajouter quelques pièces musicales nous raconte la vie dans les bas-fonds de Londres dans une guerre des gangs. Les personnages de cette pièce représentent des stéréotypes amusants : Peachum, directeur de la « société des mendiants » qui se plaint de ne pas avoir les moyens, Mackie-Le-Surineur gangster implacable rattrapé par ses mœurs instables, Polly, la fille qui se marie au gangster, Brown, le chef policier qui veut aider le bandit… Il y a aussi les références littéraitres qui sont décalées par rapport à la thématique : Mackie est en fait Macheath (Shakespeare rôde au-dessus de Londres…), le deus ex machina final qui n’est pas sans rappeler les plus belles pièces antiques (mais faisant preuve ici d’une ironie très grinçante). Enfin, les passages versifiés, dédiés à la chanson, ne sont pas dénaturés par la lecture (ni par la traduction). Cette lecture est très agréable, très amusante et même si la thématique ne prête pas à rire de prime abord, Brecht parvient à en faire un sujet de dérision très plaisant.

Proposé par Grégoire

                           Marcel Proust, Du côté de chez Swann (A la Recherche du Temps Perdu, Tome 1)

imgresNous avons célébré en 2013 les cent ans de la parution du premier tome du plus complet et approfondi des grands massifs littéraires, mais ses enseignements demeurent d’une intriguante réalité. Chacune des longues phrases proustiennes se déploie dans l’espace comme une fugue de Bach ou un vers mallarméen, et cette élaboration permet à l’auteur de toucher avec les mots une réalité contingente dont il reconnaît parfaitement toute la complexité, mais qu’il décrit avec une sensibilité unique. Et tout commence ici à l’enfance : du souvenir douloureux du baiser maternel à la promenade du côté de Méseglise, de l’enivrante madeleine à la parure de la Princesse de Guermantes, c’est tout une cathédrale de l’esprit proustien qui s’avance avec envergure vers le rivage de notre conscience, et nous offre à penser notre propre expérience comme un mystère à expliciter et résoudre par le langage. Il y a assurément une autre vie après la Recherche.

Proposé par Antonin

 

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