Notre Sélection de livres pour les amateurs de frissons

La nuit du Renard, Mary Higgings Clark

renardCe classique de Mary Higgings Clark, reine incontestée du polard, est accessible à tous. L’intrigue est un délicieux cocktail d’angoisse et de cruauté.

Ronald Thompson doit mourir sur la chaise électrique. Seul témoin du meurtre de sa mère, le petit Neil a affirmé, au cours du procès, le reconnaître comme le meurtrier. Mais Ronald a toujours clamé son innocence. À quelques heures de la sentence, Neil est enlevé avec une journaliste, par un déséquilibré qui se fait appeler Renard. Il les séquestre dans la gare centrale de New York. Le kidnappeur menace de faire sauter une bombe au moment précis où le condamné sera exécuté. La tension est maintenue tout au long de l’intrigue : existe-t-il un lien entre ces deux terribles faits divers ? Un innocent va-t-il payer pour le crime d’un autre ?

C’est une course contre la montre qui s’engage et pour laquelle personne ne sort indemne, pas même le lecteur …

Proposé par Astrid 

 L’appel du coucou – Robert Galbraith

l'appel du coucouSi vous avez un copain fan d’Harry Potter, L’Appel du Coucou est LE livre à lui offrir. Il ne comprendra peut-être pas pourquoi au début mais derrière Robert Galbraith se cache en fait J. K. Rowling. Une chose qui ne se cache pas, en revanche, c’est le talent de l’auteur pour esquisser très vite des personnages originaux et attachants, une situation alambiquée mais passionnante, et un beau portrait de la capitale anglaise. J. K. Rowling a changé de registre avec ce roman policier, et a mûri, mais on retrouve sa plume avec plaisir.

Mention spéciale si vous êtes généreux et si votre ami est bibliophile : la suite, Le Ver à Soie, est également disponible… Si vous êtes radin, contentez-vous de la version Poche de L’Appel du Coucou, ce sera déjà un très beau cadeau !

Proposé par Maïté

Le suicide français, Eric Zemmour

imgresQuel adorable petit bonhomme! La douceur de sa voix n’a d’égale que l’exactitude de ses références. Imaginez donc mon plaisir lorsque, répondant à Ruquier, notre Eric national siffle d’une voix stridente qu’Aragon est un mauvais patriote puisqu’il écrit «Je chie sur le drapeau français». Notre ami a le sens de la nuance, car Aragon justifiait simplement dans son Traité su style : «J’ai bien l’honneur chez moi, dans ce livre, à cette place, de dire que très sciemment je conchie l’armée française dans sa totalité». Ce sont certainement le respect de l’écrivain (il est malin d’assimiler l’armée au drapeau) et l’honnêteté des propos qui ont conduit Louis Ferdinand Zemmour (octroyons-lui un semblant de talent le temps d’une critique) à sortir son encrier à pamphlets et à jouer le moralisateur. «Le Suicide français»… des mots presque aussi grands que sa gueule.

C’est donc le sourire aux lèvres et la voix chantonnante que je me rends chez mon libraire, certain de m’amuser consciencieusement au fil des centaines de pages qui m’attendent. Enfant, je me suis amusé avec Guignol, puis les Zinzins de l’espace, avant de découvrir Achille Talon au cours de mon adolescence. Lire du Zemmour, c’est comme retomber en enfance : on s’installe quelques heures dans un stade transitionnel entre Guignol et les Zinzins de l’espace. Il me faudra tout de même cinquante pages pour me laisser surprendre : Eric nous a tous dupés. Le livre perd de son humour. On a peur. Ses âneries ne viennent que souligner des horreurs qui écorchent les yeux. S’il est amusant (merci pour la blague, Eric, l’équipe d’EDHEC Littérature l’enverra à Carambar) de le voir attribuer la responsabilité de l’évidente «féminisation de l’homme» au succès de la série télévisée «Hélène et les garçons», on rit jaune lorsqu’il poétise : «Les femmes ne créent pas, elles entretiennent. Elles n’inventent pas, elles conservent». Plus ses grands mots – toujours indéfinis le long de ses 79 chapitres! – empoisonnent le papier et mes nerfs optiques, plus ses grands yeux me hantent lorsque j’éteins ma lampe de chevet. Si sa culture suffisait à valider des références qui étayaient ses propos, nous serions rassurés comme au sortir d’un film d’horreur trop rationnel pour parvenir à nous effrayer. Mais Dark Zemmour a une arme cachée : lorsqu’il est trop faible pour échafauder des théories qu’il tient à appuyer, il invoque des démons, ces géants du «Café des Sports» qui portent la responsabilité de tous les vices : je pense évidemment au «capitalisme», à la «mondialisation», à la «société de consommation» et autres Grotadmorv bien trop abstraits pour contrer les accusations de Riric le Sage. Perdant actuellement tout mon sang-froid (frisson ou énervement?), je terminerai ce petit billet par quelques belles paroles du poète Eric Zemmour : «L’Univers mental de nos contemporains devint un champ de ruines». Sortez vos mouchoirs.

Proposé par Hugues

Les Dix petits nègres , Agatha Christie

urlIls étaient dix et un à un, ils disparaissent. Nous ne sommes pas aux origines d’Hunger Games mais dans un roman policier unique en son genre qui lie entre eux des personnages réunis par une fatalité qui les attire vers la mort. Résidant dans une île inaccessible de l’extérieur, ce sont presque des éléments paranormaux – mais toujours réalistes – qui vont être au cœur de l’action et faire disparaître les personnages. Leur naïveté et leur complicité sont touchantes et l’absence d’enquêteur qualifié (chose rare dans un roman de l’époque) rend vaine toute recherche. A tel point que c’est au lecteur, et encore plus que dans tout bon roman policier, de faire des hypothèses, évaluer les pistes, chercher le coupable… et comme toujours, il se trompera dans sa recherche. Un classique de la littérature policière à lire et à relire dans lequel il n’y a pas de place pour l’ennui.

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