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La nuit des temps – René Barjavel

Si l’on devait réduire l’œuvre de Barjavel à un seul texte, La Nuit des Temps remplirait ce rôle à merveille. Ce roman atypique est le récit intemporel d’un amour fusionnel mêlé d’un portrait fidèle et original d’une humanité trop souvent dépeinte. Si vous ne savez pas comment lui dire avec des mots, offrez lui cette perle de rêve et d’humanisme.

« Je le savais. Je regardais tes lèvres. Je les ai vues trembler d’amour au passage de son nom. Alors j’ai voulu te séparer de lui, tout de suite, brutalement, que tu saches que c’était fini, depuis le fond des temps. […] Que derrière toi il n’y avait plus que le noir, et que la lumière, l’espoir, la vie étaient ici dans notre présent, avec nous. J’ai tranché derrière toi avec une hache. Je t’ai fait mal. Mais toi, la première, en prononçant son nom, tu m’avais broyé le coeur. »

Suggéré par Antoine.

Trois chevaux – Erri de Luca

La brièveté de l’ouvrage d’Erri de Luca n’a d’égale que la poésie qui s’en dégage. La vie d’un homme dure autant que celle de trois chevaux. Le narrateur en a déjà vécu une lorsqu’il fuit l’Argentine suite à l’assassinat de sa femme sous la dictature des généraux. Débute alors sa deuxième vie, une vie proche de la terre, tout en spiritualité, nourrie par la lecture et l’amitié, mais surtout rythmée par l’amour qui naît de sa bouleversante rencontre avec la belle Làila.

La force de ce livre se trouve dans  l’écriture sobre, délicate et tout en suggestion d’Erri De Luca. Faites donc confiance au pouvoir des mots.

« Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d’un autre qui raconte. Si moi aussi je suis un autre, c’est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes ».

Suggéré par Lucie.

Jean-Jacques Goldman , Un homme bien comme il faut – 
Bernard Violet

La sage-femme, s’étonnant de la longueur et la finesse de ses doigts, déclara à la jeune mère : «Il sera soit violoniste, soit pickpocket.».

Jean-Jacques Goldman, récemment élu «personnalité préférée des Français», s’est probablement arraché les cheveux en constatant l’énième parution de sa biographie. Car si l’artiste populo-sentimental dispose d’un talent exquis pour conquérir et préserver un public trans-générationnel (en témoignent les tournées «En Passant» (1998) et «Un Tour ensemble» (2002) ), il fait preuve d’une incroyable discrétion à propos de sa vie privée. Lui et moi avons donc ouvert cet ouvrage à contre-coeur, certains d’y trouver un nouvel éloge manichéen à l’instar des dizaines de biographies qui l’ont précédé.

Mais, à la grande déception de mon sens critique, Bernard Violet a de la gueule ; son talent se traduit, certes, par un coup de plume agile, un cortex en fonctionnement (quelques biographes de Goldman devraient approfondir ce point) et une recherche cohérente de l’information ; mais on appréciera avant tout sa juste appréhension de «JJG», comme le surnomment affectueusement ses groupies.

Car Violet ne dresse que les portraits des artistes dont il se sent proche : après Johnny Halliday et Yannick Noah —grand bien lui fasse—, l’interprète de «Né en 17 à Leidenstadt» lui semblait être la continuité intellectuelle de son oeuvre.  Et c’est réussi, puisque son style très narratif semblable à un roman nous épargne un documentaire qui dénaturerait le compositeur.

De sa naissance montrougienne à sa retraite marseillaise, le fil est solide et compréhensible. On appréciera également la découverte des zones d’ombre de Jean-Jacques, dans les méandres desquelles aucun «écrivain» n’avait daigné s’aventurer.

Le livre est évidemment accessible à tous ; toutefois, ses subtilités cachées et fourmillantes ne pourront être décelées que par les connaisseurs de l’oeuvre goldmanienne : c’est peut-être cela, son charme.

Suggéré par Hugues.