Petit Pays, Gaël Faye

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Résumé

Dans les années 90, au Burundi, Gabriel, fils d’un français et d’une rwandaise, mène une vie heureuse et privilégiée au cœur d’un quartier pour expatrié. Avec sa bande de copains, il profite de la nature, court à la rivière, déguste de belles mangues bien juteuses. Rien ne semble devoir briser cette parfaite harmonie. Cependant, la guerre civile se profile opposant comme au Rwanda Hutus et Tutsis. Sa vie est bouleversée par la violence et l’intolérance. Lui qui souhaitait rester un enfant. Il va devoir grandir malgré lui en laissant derrière lui les vestiges d’un paradis perdu.

critique 1 – Hana

****

Petit pays, grande Histoire : en décrivant le quotidien apparemment banal d’une famille multiraciale du Burundi au début des années 1990, l’auteur montre avec brio la brutale transition du monde insouciant de l’enfance à celui d’un conflit ouvert et sans pitié, qui prend ses racines dans les conflits ethniques et politiques au Rwanda. A travers son attachant héros, Gaby, l’auteur nous plonge dans cette épopée incroyable qu’a traversé le Burundi en 1994, entre guerres de gangs, exilés massifs, coups d’Etat, et génocide Tutsi. Mais il raconte aussi les déboires d’un adolescent pris entre deux ethnies, deux appartenances, deux parents, et qui cherche, au milieu de l’effondrement de son univers, sa propre voie, dans la littérature et l’évasion…On ne peut qu’admirer le talent immense de Gaël Faye qui réécrit dans ce premier roman une page d’Histoire trop souvent oubliée, oscillant perpétuellement entre le rire et les larmes, sur un ton juste et léger ; en un mot : inoubliable.

critique 2 – Juliette

****

Que savons vous de l’histoire de ce « petit pays », le Burundi ?

Le génocide rwandais nous est enseigné, nous en connaissons les dates, le déroulement. Nous savons que ce conflit a également profondément touché les pays frontaliers, mais nous en comprenons que mal les conséquences sur les populations, l’impact sur les sociétés. Cet ancrage historique est une des raisons pour lequel se roman est véritablement passionnant.

Se pose également dans ce roman la question de l’identité. Grace à la description de cette famille métisse à la fois française et rwandaise vivant au Burundi, nous sommes au carrefour de plusieurs cultures. C’est un roman posant la question de l’identité. Gaby, enfant, au cœur d’une histoire qu’il ne comprend pas, va s’en voir imposer une malgré lui. En tant que tutsi, on attend de lui qu’il haïsse les hutus ; en tant que français, il est indirectement responsable du génocide et obligé de fuir.

Enfin, si ce livre est particulièrement captivant, c’est parce que nous observons l’évolution des relations humaines, leur dislocation dans la violence. En effet, Gaby voit progressivement toutes les personnes qu’il aime être pris par la guerre, que ce soit par leur mort, par leur soif de vengeance et de violence, par le traumatisme ou par leur départ. Ainsi, ce roman foisonne de passages inoubliables parfois incroyablement tristes mais aussi très heureux, pleins de couleurs et de gaieté. C’est pourquoi ce roman m’apparaît comme une lecture incontournable qui ne laissera personne indifférent.

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