Le pavillon d’or, Mishima

Critique proposée par Arthur

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Yukio Mishima, de son vrai nom Kimitake Hiraoka, finit d’écrire à 31 ans ce qui s’avèrera être son plus célèbre roman mais aussi l’un des chefs-d’oeuvre de la littérature japonaise moderne: Le Pavillon d’Or. S’inspirant d’un fait réel, l’incendie du temple bouddhiste de Kyoto en 1950, Mishima nous livre une réflexion esthétique originale qui chamboule notre conception de la beauté et de ses frontières à travers l’histoire d’un jeune bonze du nom de Mizoguchi. Laid et bègue, Mizoguchi aura fantasmé toute sa vie le moment où il rencontrera le Pavillon d’Or pour la première fois avant de le servir pour l’éternité comme l’espérait son père défunt. Une rencontre qui laissera néanmoins en lui un étrange goût amer, d’insatisfaction, un sentiment de décalage entre ses rêves et la réalité majestueuse et froide du temple qui semble rejeter tout son être. Mizoguchi se détourne alors peu à peu de la voie qui lui était destinée en cherchant la beauté là où elle ne devrait pas être, dans le vice et la jouissance. Une forme de beauté adéquate avec son image et avec le monde qui l’entoure, en proie au chaos de la Seconde Guerre Mondiale. Néanmoins, son obsession du Pavillon d’Or, parce qu’il est une provocation envers sa propre laideur, ne s’en trouve pas amoindri et le pousse au crime ultime…

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