Critique – Intrigue à Versailles (Goetz)

Goetz

Intrigue à Versailles est le deuxième volet d’une saga de quatre livres dédiés aux aventures d’une conservatrice de musée, Pénélope Breuil. Dans ce tome, la jeune femme vient d’être affectée à Versailles ; et, à peine en poste, elle doit faire face à des énigmes qui trouvent leur origine dans le jansénisme et impliquent un milliardaire chinois mafieux, un veilleur de nuit et sa fille handicapée, ainsi qu’une famille de la noblesse française.

Ce roman est d’abord un policier. De crime en crime, d’indice en fausse piste, Pénélope a un vrai mystère sur les bras et le suspense constitue l’ossature du livre, le fil directeur qu’on attend impatiemment de voir se dénouer et qui nous permet de ne jamais décrocher, même quand l’histoire se penche sur des détails historiques.

Mais il ne se résume pas à cela : ce roman permet aussi au lecteur de découvrir Versailles et ses zones d’ombres, celles qui perdurent jusqu’à aujourd’hui et continuent d’influencer certains cercles de la société. Adrien Goetz est à la fois romancier et historien de l’art ; il rend les faits réels si étonnants et les inventions si réalistes que vous aurez bien du mal à distinguer le vrai du faux. Le plus sage reste de décider que ça n’a pas d’importance. En fait, c’est précisément cette perte de repères qui aide à adhérer complètement à l’intrigue.

La masse de détails historiques apportés par l’auteur pourrait assommer le lecteur ; mais ce serait sans compter la légèreté du style d’Adrien Goetz qui profite de chaque phrase pour nous en apprendre plus mais ne tombe jamais dans le piège de l’encyclopédie. C’est aussi en partie grâce aux personnages que ce livre reste avant tout un récit romanesque : des personnages attachants, aux personnalités bien tranchées, et dont les implications dans l’histoire sont souvent surprenantes.

On regrette seulement que le contenu du livre soit très condensé : certains thèmes, comme celui de la Chine, sont abordés de manière détournée ou rapide, et il est difficile pour un lecteur non informé au préalable de bien appréhender toutes les subtilités du roman. Bien que cela soit en partie corrigé par la postface qui donne de plus amples informations et conseille quelques lectures, on ne peut s’empêcher de trouver que le rythme de la narration est parfois trop soutenu pour permettre de tirer tout le plaisir que ce livre pourrait susciter.

Maïté

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