Lettres Béninoises – Nicolas Baverez

Baverez

Nous sommes en 2040, la France est en faillite et le directeur général du FMI, Alassane Bono est en mission à Paris pour essayer de résoudre la crise sur laquelle tout le monde se casse les dents depuis plusieurs années. Nous suivons donc Alassane Bono, un béninois qui envoie au jour le jour ses remarques et impressions à sa famille et à son plus proche lieutenant par courrier postal (oui, on est bien en 2040). Méthode inspirée des Lettres Persanes de Montesquieu (tant dans le titre que par sa citation initiale, on est cependant bien loin du chef d’œuvre du philosophe des Lumières même si ce texte permet de réfléchir un peu quant à l’état du pays.

Tout d’abord, littérairement, le roman n’a rien d’extraordinaire. On reconnaît un style très journalistique qui est facile d’accès mais pas toujours satisfaisant. Certaines descriptions sont hors de propos : prenons l’exemple de Stella Haïdja, la femme d’Alassane Bono qui lui envoie une lettre (la lettre 13) étant une superposition de données sur le Bénin en 2040 s’apparentant presque à la lecture d’une fiche wikipedia. Comment peut-on faire croire au lecteur que son mari, directeur général du FMI, ait besoin d’une description de 2 pages sur son pays, de la part de sa femme ? Dans l’ensemble donc, il y a un manque de finesse d’écriture certain même si l’on imagine facilement que ce ne sont pas les points les plus importants dans un tel ouvrage.

Prenons les faits maintenant. On sait que Nicolas Baverez n’est pas le journaliste français le plus optimiste mais le constat qu’il fait de la France est alarmant et son anticipation s’avère une catastrophe pour le pays. La France est gangrénée par la corruption, l’étatisme, une disparition totale de son industrie (le siège social d’Airbus a été délocalisé en Allemagne), une société individualiste (il n’existe plus « une France » mais « des français ») et n’est plus qu’un pays en ruine (les descriptions faites de Paris sont assez terribles). L’UE a disparu – à la suite d’un réferendum d’unification franco-allemande rejeté par les allemands – et la VIème République est en place en France mais cela n’a servi à rien. On reconnaît des piques face aux hommes politiques actuels (dont un absurde ministère des industries industrialisantes). La France est donc en déclin et Baverez ne présente pas de solution explicite (on suppose donc qu’il faudrait faire le contraire de tout ce qui a été fait jusqu’à présent pour s’en sortir).

Le livre est bref mais permet tout de même d’attirer le regard sur bon nombre de constats intéressants qu’il est bon de regarder en face à l’heure actuelle. Dès lors, pourra-t-on échapper à la faillite sous 25 ans ?

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