Inclassables

Parce qu’il y a toujours des livres uniques en leur genre, cette dernière sélection vous présente nos inclassables !

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Roman inclassable. Entre une relecture actuelle du fameux 1984 de Orwell et l’actualité tragique des derniers mois, Boualem Sansal livre un roman d’anticipation passionnant. Le monde y est plongé dans une dictature dans laquelle il est impossible de penser par soi-même, où tout est limité aux frontières de son territoire et où tout est bloqué sous les préceptes religieux du Dieu. Yolah et de son prophète Abi.

Favori des Prix Littéraires de l’automne, ce livre a choqué et surpris bon nombre de lecteurs. A quel point ce roman va être conforme au futur ? A-t-on des raisons d’être inquiet ? Ce roman ne se contente pas d’être anxiogène puisqu’il permet de penser et réfléchir autour de la difficile thématique de la dictature religieuse.

Il n’est clairement pas à offrir au hasard. Toutefois, les lecteurs passionnés des romans d’anticipation, de science-fiction ou de géopolitique et d’actualité y trouveront largement leur compte.

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A ce stade de la nuit.jpg

« La nuit s’est creusée comme une vasque et l’espace de la cuisine se met à respirer derrière un voile fibreux. J’ai pensé à la matière silencieuse qui s’échappe des noms, à ce qu’ils écrivent à l’encre invisible. A voix haute, le dos bien droit, redressée sur ma chaise et les mains bien à plat sur la table et sûrement ridicule en cet instant pour qui m’aurait surprise, solennelle, empruntée, je prononce doucement : Lampedusa. »

Maylis De Kerangal est à l’origine cette fois-ci d’un court roman d’environ 70 pages qui n’en est pas pour autant dénué de profondeur. Elle nous livre sa réaction lorsqu’elle apprend le drame du 3 octobre 2013 de Lampedusa, se remémorant une foule de souvenirs fiévreux qui s’enchainent jusqu’au petit matin. Chaque mot est pesé avec justesse et précision, et le tout nous emporte mais nous perd parfois aussi.

Il est difficile de classer A ce stade de la nuit dans un genre précis, toutefois il plaira à tous ceux qui s’intéressent aux phénomènes d’actualités, à ceux qui aiment les romans courts mais intenses, ou encore à ceux qui sont déjà conquis par le style élégant de Maylis De Kerangal.

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Le pingouin

A Kiev, Victor Zolotarev mène la vie d’un écrivain n’ayant jamais connu le succès, accompagné de son fidèle pingouin Micha un rescapé du zoo. Une existence routinière jusqu’à ce que Victor soit chargé par un grand quotidien de la rédaction de nécrologies-les petites croix-de personnalités pourtant bien vivantes. Une occasion en or pour relancer sa carrière. Mais des évènements mystérieux vont survenir. En effet, ses chroniques précèdent instantanément la mort des individus à qui il fait référence. Se serait-il embarqué malgré lui dans une affaire qui le dépasse ? Qu’est ce qui l’attendra ses nécrologies une fois terminées ? Une histoire bouleversante et le cadeau parfait à offrir à vos proches.

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Devant la douleur des autres

“As objects of contemplation, images of the atrocious can answer to several different needs. To steel oneself against weakness. To make oneself more numb. To acknowledge the existence of the incorrigible. ” 

Nous sommes à notre époque assaillis d’images, parmi lesquelles se trouve un nombre important de photographies qui témoignent des horreurs dont sont victimes des hommes à travers le monde. Face à ce phénomène inédit, Susan Sontag s’interroge: comment la distance affecte-t-elle l’intérêt que nous portons à la douleur d’autrui ? Ces photographies ont-elles pour effet de d’immuniser leur spectateur à l’exercice d’empathie, voire même, de lui donner goût à la violence ?

Sontag livre ainsi un essai court mais saisissant, une fine analyse psychologique des spectateurs contemporains. Si vous cherchez  un livre pour un être cher qui s’étonne du monde dans lequel nous vivons, voici un livre parfaitement d’actualité à lui offrir.

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La fille sans qualités.jpg

« Et si la Bible, la Constitution et le Code Pénal n’avaient jamais été davantage à leurs yeux qu’un mode d’emploi, un ensemble de règles pour jeux de société ? Si la politique, l’amour et l’économie n’étaient pour qu’eux une compétition ?« 

Années 2000, Allemagne. Dans un tribunal, l’endroit où l’on distingue la vérité du mensonge et le bien du mal, se juge une affaire scabreuse sur laquelle une avocate n’arrive pas à se prononcer. Alors elle repart en arrière et essaie de comprendre comme Ada, quatorze ans, et Alev, dix-huit, en sont arrivés là.

Leur rencontre a lieu dans un endroit aussi peu avenant que le monde où ils vivent, celui où ils sont nés (pendant la guerre du Golfe) et ont grandi (pendant la guerre des Balkans et le 11 septembre) : un lycée de la dernière chance, celui où l’on n’arrive qu’après avoir été expulsé de tous les autres. Les deux adolescents s’entraînent l’un l’autre dans un jeu qui ne connaît aucune limite : manipulation, chantage, humiliation. Smutek, leur professeur, s’y engouffre aussi.

La fille sans qualités, intitulé d’après l’œuvre de Robert Musil, est un roman psychologique, plein de références, qui marque. On n’en sort pas plus avancé que l’avocate de l’affaire concernant ce qui est bien ou mal ; chacun en tirera cependant ses conclusions quant à ce qu’il attend de la vie, de ses relations aux autres et au monde.

Difficile de vous dire pour qui on le conseille ; ce roman n’est pas évident à lire mais il plaira sans doute à ceux qui aiment les romans teintés de philosophie, de politique, ainsi qu’à ceux qui aiment les romans psychologiques.

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Livres conseillés par Grégoire, Caroline, Arthur, Marie et Maïté.

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