L’invisible – Thème poésie 2015 – Pistes de réflexion

Le thème poétique du concours de cette année est centré autour de l’idée de l’invisible. Comment écrire sur ce qui ne peut être vu, perçu ? Comment faire pour transmettre des sensations uniques à travers le style poétique tant contraignant que libre ?

invisible_manCet article est censé vous donner des pistes de réflexion tant sur la forme que sur le fond à partir d’exemples littéraires, cinématographiques et culturels. Nous espérons que ce très bref éclairage sera d’une bonne aide pour vos recherches et réflexions sur notre thématique, pour le reste : à vos plumes.

L’invisible a été traité dans tous les genres et de manières bien différentes.

Partons d’un roman populaire : Le Seigneur des anneaux. Le cœur de cet ouvrage fantastique est l’anneau unique qui rend invisible son porteur. Mais en contrepartie de ce pouvoir, les passions humaines se déchainent contre lui et la corruption du mal se fait lourdement sentir. Le pouvoir d’invisibilité y est vu comme absolument extraordinaire et comme une qualité ultime que seuls les plus puissants peuvent contrôler. L’invisible y est une forme de description de l’orgueil de l’homme qui pense pouvoir dépasser les pouvoirs surnaturels de certaines créatures venues d’un autre monde. A l’inverse, dans une pièce majeure du théâtre classique, Hamlet de Shakespeare, le spectre du père, invisible sur scène, est celui qui transmet l’idée de vengeance à son fils. Dans ces deux cas, on voit que l’invisible est quelque chose de surnaturel qui déchaine les passions de ceux qui y sont confrontés. L’invisible lie les passions humaines dans ce qu’elles ont de meilleur et de pire (la vengeance pour l’amour du père).

L’invisible, cela peut être également une force intérieure qui nous guide vers des décisions incontrôlables. Qu’est-ce que le Shining (dans le roman de Stephen King ou le film de Stanley Kubrick) et les personnages apparaissant de nulle part dans l’Overlook Hotel ? Pourrait-il y avoir une force invisible en nous qui transcenderait notre imagination et rendrait perceptible de l’irréel ? Là, l’invisible efface partiellement les choses au point qu’il est impossible de savoir si ce qui est montré existe vraiment ou non.

Dans la peinture même, l’abstraction ouvre ses formes les plus riches à une perception unique du monde. Kandinsky disait pouvoir dessiner l’invisible : l’orientation de son œuvre originale ne saurait être qu’un déferlement d’images abstraites : il s’agit également d’une recherche évidente de sensation. Même les formes les plus invisibles du monde peuvent être dessinées, colorées et exprimées.

Pour les auteurs poétiques, la relation à l’invisible est assez proche de celle des peintres. Vigny souligne que « L’invisible est réel » et dans ce même poème (Les Destinées – La Maison du Berger (II)), il explique assez clairement que la poésie doit pouvoir expliquer cette relation inhabituelle aux choses. Le poète doit pouvoir, savoir exprimer ce qui ne peut être perçu, être « voyant » d’un point de vue purement sensoriel.

Vous le voyez, la thématique de l’invisible est très riche et peut s’ouvrir de multiples façons à travers l’écriture. A vous de savoir nous en faire profiter !

Quelques conseils plus formels maintenant :

La force de la poésie est de pouvoir exprimer d’une multitude de façon un ressenti, une perception, une existence. Cependant, il ne faut pas abuser de certaines règles poétiques qu’il convient de rappeler ici :

  • L’invention du vers libre dans la poésie est une bonne chose… mais en abuser peut être très lassant.
  • L’originalité en poésie est quelque chose de remarquable : sachez l’utiliser à bon escient
  • Si vous optez pour une rythmique plus classique, vérifiez bien votre décompte, on ne parvient pas à dissocier la faute de goût de l’effet stylistique.
  • Finissons par une note plus classique : la grammaire et l’orthographe restent des points décisifs dans l’écriture de votre texte.

Bonne écriture !

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