24 heures dans la vie d’une femme – S. Zweig

24 heures dans la vie d’une femme :

24hStefan Zweig

 » Jamais encore, je n’avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudité effrontée…. J’étais fascinée par ce visage qui, soudain, devint morne et éteint tandis que la boule se fixait sur un numéro : cet homme venait de tout perdre ! Il s’élança hors du Casino. Instinctivement, je le suivis… Commencèrent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin !  » 

Publié en 1927, cette nouvelle est un double récit. L’histoire se déroule dans une pension sur la Riviera où séjournent des personnes distingués. L’une des pensionnaire, Mme Henriette provoque un véritable scandale à l’heure du dîner lorsqu’elle s’enfuit avec un homme avec qui elle n’a passé qu’une journée sans laisser d’explication à son mari.

Seul le narrateur tente de comprendre les motivations de cette femme, dans sa tentative de défense, il ne trouvera comme allié qu’une vieille dame anglaise, Mrs C.

C’est plus tard au cours d’une longue discussion avec elle qu’il découvrira quels feux mals éteints l’histoire de Mme Henriette a ranimée chez cette anglaise.

Veuve à 42 ans , se rend à Monte Carlo et commence à fréquenter les casinos. Attirée par les mains des joueurs elle les observe pour comprendre leurs émotions, et leurs personnalités sans avoir à regarder les visages. Un jour, fascinée par les mains d’un joueur, elle ne peut pas résister et regarde son visage. Elle tombe sur un jeune homme anéanti car il vient de perdre tous son argent. Elle se prend d’affection pour ce jeune homme, et pour la première fois depuis la mort de son mari se surprend à éprouver des sentiments pour un autre homme.

Cette passion qui mènera à une déception ne durera pas plus de 24heures mais reste pour Mrs un moment important de son existence.

Le témoignage de Mrs C malgré sa brièveté reste très dense, il vous percute en pleine poitrine et vous touche par sa sincérité.

Stefan Zweig pour qui écrire n’est « qu’un moyen d’exaltation de la vie, un moyen d’en saisir le drame d’une façon plus claire et plus intelligible » réussit là une œuvre d’art.

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