Le Loup de Wall Street – Jordan Belfort

loupChacun connait la théorie de Freud consistant en une hésitation perpétuelle chez l’homme entre l’instinct de vie et l’instinct de mort. Après avoir lu Le Loup de Wall Street on ne peut s’empêcher de tomber d’accord. La vie de Jordan Belfort fut entièrement guidée par un instinct de mort surréaliste parsemé d’un instinct de vie faisant occasionnellement surface au moment opportun.

Au fil d’un récit dynamique et précis, Jordan Belfort nous compte une épopée presque homérique, si l’on compare un duel troyen avec une bataille entre l’homme et la quantité de drogues qu’il peut ingérer.

Mais ce qui nous tient en haleine, ce ne sont pas les moments de débauches, de sexe, de drogue ou d’alcool, au contraire ce sont les moments de lucidité, d’intelligence placide et supérieure dont est capable Jordan. Il nous offre une leçon magistrale sur ce qu’est Wall Street, sur la façon de faire des bénéfices en s’appropriant les méandres constituant les règles boursières. Et là est peut-être son plus bel exploit : il ne cesse d’enfreindre les lois et pourtant il ne nous apparaît jamais coupable d’une quelconque malversation, il n’a fait que faire comme les autres, mais mieux, beaucoup mieux.

On ne cesse de se demander comment une personne aussi intelligente peut à ce point se laisser emporter par la drogue ; et en même temps on comprend son raisonnement derrière sa folie, on perçoit une lucidité dans la démence, une cohérence dans le chaos qu’est sa vie : il n’est pas un homme ordinaire et ne peut donc se contenter des plaisirs et loisirs ordinaires. Arrive un moment où l’on se rend compte que « Le Loup » n’existe que grâce à sa perspicacité ainsi que son addiction totale, l’une sans l’autre il n’aurait été qu’un homme ordinaire, du moins pas un homme dont la vie vaut la peine d’être résumée en 750 pages (à savoir que son manuscrit originel en faisait plus de 2000).

Au fil de cette discussion, de cette confession, on est amené à se questionner sur ce qu’est un comportement moral, sur ce qui est condamnable ; après tout, est-il réellement mauvais de prendre de la coke si l’on maîtrise (jusqu’à un certain point) ? A quel moment pouvons-nous dire que Jordan est allé trop loin ? On est d’autant plus à même de lui pardonner ses défauts que l’ensemble de son entourage le lui pardonne ; lorsqu’il ne l’incite pas à aller plus loin.

On lui reprochera peut-être d’avoir trop insisté sur les prises de drogues  décrivant à de nombreuses reprises quantités et effets différents, en jugeant cela répétitif, cependant on pourrait lire ce récit d’un trait sans s’ennuyer.

Jordan a eu une vie extraordinaire et il ne le doit qu’à lui-même. Il est parvenu au sommet, est passé par les enfers mais la fin nous laisse comprendre que, une fois suffisamment stimulé, l’instinct de vie reprend le dessus sur l’instinct de mort.

Difficile de comprendre ce que ce récit nous apporte, une chose est sûre : il nous oblige à nous regarder dans le miroir et à nous demander si nous ne serions pas nous aussi tombés dans les mêmes tourments dans de telles circonstance. Nous avons tous nos faiblesses, et si Jordan a réussi à accepter et combattre les siennes, nous pouvons peut-être combattre les nôtres. Telle pourrait être la portée, voulue ou non, de ce récit qui nous ouvre décidément les yeux sur le monde de la finance.

Critique proposée par Alexandre.

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