L’homme dans la guerre [Maurice Genevoix face à Ernst Jünger] – Bernard Maris

L'homme dans la guerre

« Genevoix aime les hommes, même s’il aime parfois la guerre, Jünger aime la guerre, même s’il pleure parfois les hommes. »

   Inattendu, Bernard Maris, le chroniqueur économique, l’est sur le plan littéraire, bien qu’il n’en soit pas à son coup d’essai. Son ouvrage, se situe dans un no man’s land littéraire, à la frontière de la biographie (croisée), l’autobiographie, du fait de ses rapports avec les deux écrivains, de l’essai et de la monographie historique.

Avec une étonnante agilité, il enjambe la ligne de barbelés qui sépare les deux hommes, deux intellectuels, officiers qui font une expérience décisive, celle de la guerre. Avec la précision du tireur d’élite, il scrute, il met en relief ce qui sépare, comme ce qui unit les deux hommes : ils ont tant de points communs, au point d’être blessés le même jour au cours de la même bataille, et sont pourtant si différents. C’est la même guerre qu’ils vivent, mais, face à face, ils ne regardent nécessairement pas dans la même direction. En résumé : « Genevoix va connaître la victoire et le désabusement, Jünger la défaite et la haine, qu’il travestit en grandiloquence guerrière ».
Le plus émouvant reste qu’au-delà d’un portrait croisé, l’auteur s’appuie sur le réalisme qu’ont employé les deux auteurs pour nous transporter dans cette aventure qui marqua de manière indélébile ceux qui en revinrent, les transformant radicalement. Les obus retournent la terre, ils retournent aussi les combattants. Derrière le regard de Genevoix en particulier, c’est un hommage à la vie et aux hommes qui est rendu, au milieu du spectacle de la mort des soldats.
Mais la force de l’ouvrage est de n’être pas seulement descriptif, ni littéraire, il se veut également analytique. Si la guerre est un « révélateur » de l’homme, qu’advient-il de l’humanité, de la civilisation en période de paix ? Après la guerre, que reste t-il?  En tout état de cause, la rencontre qu’organise Bernard Maris entre ces deux auteurs, sans concessions car ayant vécu dans leur chair ce conflit, était nécessaire à la veille de célébrer le centenaire de 1914.Critique proposée par Damien.

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